_____________________________________________________________________________________________________C'est en ses grandes vacances, l'été de mes quinze ans, que ma meilleure amie, Marine, et moi, avions décidée de partir en Allemagne. Plus précisément à Hambourg. Nous y restions quelques semaines seulement, afin d'effectuer un stage. Marine dans un magasin de vêtement, et moi, dans une bibliothèque. C'est chez une vieille femme, Kätchen, que nous logions. Une personne charmante, malgré le fait, qu'elle ne parle pas énormément.
Nous sommes arrivées hier, et c'est aujourd'hui que commençait notre premier jour en entreprise. Marine et moi partions à pied, puisque Kätchen n'habitait qu'à quelques pas seulement du centre ville, où ce trouvaient nos lieux de stages... J'observais tout ce qui pouvait s'offrir à mes yeux, jusqu'à même, les petits détails anodin dont personne ne prête attention. On me dit assez observatrice, rêveuse et étrange. Je passe assez inaperçu. D'autant par ma personnalité que mon apparence. J'aime me fondre dans la masse. Je n'ai pas un physique particulier, plutôt commun, les yeux et cheveux bruns, long, de taille et corpulence moyenne. Hors mis, peu être, ma couleur de peau très clair, aucun détail qui ne marque. Ce n'est pas le cas de Marine. Sa personnalité enjouée attire beaucoup, et son allure est facilement remarquable. Une multitude de couleur pour un look très voyant. Et une coiffure noire à l'unique frange blonde qui l'est tout autant. Assez différente pour des meilleures amies. Et pourtant, nous sommes très proches...
La bibliothèque était légèrement plus prête que le magasin de Marine. Elle m'y déposa donc et j'entrais, tandis qu'elle poursuivait son chemin.
Une fois dans la librairie, une femme d'environ la trentaine m'accueillie. Un visage radieux, aux yeux bleus, légèrement masqués par de petite lunette de vue. Et pour bien rentré dans le lot de bibliothécaire allemande type, les cheveux blonds.
Aujourd'hui étant mon premier jour, je ne fis rien de la matinée. Du moins, je découvris la bibliothèque et cet idée me plus énormément ! Même plus ! A quel mordu de livre cela ne plairait pas ? Certainement pas moi, en tout cas... Deux étages où les bouquins remplissent de multiples rayonnages. Vraiment de quoi ravir n'importe quel bibliophile !
C'est donc entre les rayons que je me baladai, parcourant certains titres des yeux. J'essayais de repérer où était placée les diverses catégories puis m'attardai à lire quelques quatrièmes de couverture. Mais sur l'une des étagères, mon regard se posa sur un ouvrage. Noir, avec une magnifique reliure rouge. Pas forcément plus voyant que les autres, alors allez savoir pourquoi il m'appâta atrocement ? « Les vampires... Une simple légende ? » Son titre portait la couleur du sang, semblable à sa reliure. J'effleurai l'exemplaire du doigt, m'apprêtant à le prendre lorsqu'une petite cloque annonça 12h3o : fermeture de la bibliothèque.
Ainsi, je quitta les lieux, et comme prévus, alla retrouver Marine au Snack du coin.
Là bas, je ne m'y guère de temps à la repérer, assise à une table et agitant la main dans ma direction. Je la rejoignais directement et elle entama directement la conversation, tandis que nous commandions nos repas :
« - Si tu savais comme il est magnifique !
- Ah emh... De qui parle tu ? lui répondis-je, me posant sincèrement la question.
- Un garçon, Bill, il travail avec moi.
- Oh ! Dis m'en plus sur lui... souriais-je.
- Et bien, à vrai dire, je ne sais pas grand-chose en ce qui le concerne. Nous n'avons pas vraiment parlé. Je sais seulement qu'il a 17 ans et qu'il habite ici, à Hambourg.
- Le dialogue va bien finir par s'ouvrir, ce n'est que la première matinée !
- Oui, j'espère ! Je suis sûr que même à toi il plairait !
- Pourtant nos goûts sont plutôt... Différant. Et on pourrait dire que je suis assez...
- DIFFICILE ! C'est le cas de le dire ! commença Marine en enchaînant, d'un ton enjoué : Mais il a un teint d'une pâleur lui donnant l'air de frôler la perfection. Et son visage ne s'y oppose pas ! Des traits fins, si fins que l'on croirait ceux d'une fille. Mais vraiment un visage d'ange. Malgré ses grosses cernes sous les yeux... Mais chez lui çà fait un charme ! En parlant de ses yeux, ils sont tout de même assez étranges... Noisette mais avec une lueur rouge plutôt anormal. Il se maquille tu sais ? Du noir houille, de la même couleur que ses cheveux qu'il porte aux épaules... Ouah et aussi il a quelques piercings et tatouages, oh tu verrais !
- Et bien ma chère ! Vous avez l'air plus que sous le charme ! riais-je, tandis qu'elle levait les yeux au ciel. »
Le reste du déjeuner ne fût que continuel verbiage, pour ne pas changer ! Lorsque nous sommes ensembles Marine et moi, nous sommes qualifiées de vrais moulins à paroles ! Je crois que Marine l'est cependant plus que moi. C'est même sûr car en y réfléchissant, de nous deux c'est elle qui anime le plus nos conversations. Moi, je préfère l'écouter. J'ai du mal à converser. Pas forcément de la timidité car je ne suis pas spécialement réservée, juste ce qu'il faut. C'est juste que... Je ne sais pas vraiment. Sûrement un problème de sociabilité, je peine à m'entendre et apprécier les autres...
Une fois notre repas engloutit, je rejoignais la bibliothèque, et Marine, son magasin.
Et là haut, la femme qui m'avait accueillie tout à l'heure, Lena, me montra le fonctionnement du commerce : de l'enregistrement des bouquins, aux nouveaux ouvrages classés... Et tous ces petits détails prirent une bonne partie de l'après-midi pour ne pas dire toute ! Le reste du temps, je fis quelques taches banales que l'on m'avait confier ou bien conseillai quelques lecteurs malgré le fait que je ne connaisse les ½uvres uniquement dans ma langue natale, soit, le français. Mais dans le fond, ce n'est pas une traduction qui change un livre ! Enfin... Je crois.
Ce n'est qu'à la fin de la journée, que nous rentrâmes, Marine et moi, chez Kätchen où nous nous lancèrent dans quelques tâches ménagères. Après tout, la vieille femme nous accueillait chez elle sans aucune compensation alors nous pouvions bien faire çà ! C'en était même normal de toute façon. Et pas non plus déplaisant à ce que l'on pourrait imaginer. Car voyez-vous, faire la cuisine avec Marine s'avère être une énorme partie de rigolade !
« - Alors les filles, avez-vous passez une bonne journée ? demanda Kätchen bienveillante.
- Oh que oui ! J'adore vraiment l'Allemagne ! Encore merci !
- Oui, merci beaucoup, nous nous plaisons vraiment ici ! renchériais-je à la suite de Marine.
- Vous savez, commença Kätchen, cela me fait très plaisir de vous héberger chez moi ! J'ai ainsi de la compagnie, je me sens moins seule, c'est réconfortant ! Alors je vous remercie également. »
Elle était si attendrissante, gentille et douce ! Ses yeux vert clair étaient légèrement cachés par des lunettes de vue comme souvent les personnes âgées en portent. Ses cheveux étaient quant à eux, d'un blanc magnifique et soulignaient son visage rassurant. Il était vraiment difficile de ne pas s'attacher à elle !
Je songeai, ainsi, à l'instant où nous rentrerions en France, et j'eue soudain de la peine en pensant que nous la laisserions seule. Ne pas l'être semblait lui apporter tant de joie ! Elle ne devait sûrement pas avoir beaucoup de visite... La pauvre... Je me jurais de revenir la voir !
C'est en mangeant bien à notre faim que nous parlions du pays dans lequel nous passions une partie de l'été. L'Allemagne est vraiment magnifique ! Il n'y a tout simplement pas d'autres mots. Enfin, l'Allemagne... C'était un bien grand mot ! Car nous n'étions pas encore sortie d'Hambourg et n'avions, par ce fait, vu que la ville. Mais cela nous donnait du moins un petit aperçu du pays non ?
Après avoir débarrassés et regarder un vieux feuilleton allemand, vous savez, le genre « Amour, Gloire et Beauté ! », ces séries insipides et préfabriquées qui ont toujours la même rengaine : Machin sort avec Bidule qui a trompé Truc car Chose lui avait dit ci et çà... Enfin, pas la peine que je ne continue d'avantage, vous n'avez vraiment pas besoin de dessin ! Je décidai d'aller faire un tour dehors. Seule. Marine me proposa pourtant de m'accompagner, mais je déclina son offre. J'aimais marcher seule, dans la pénombre du crépuscule. Il m'arrivait, d'ailleurs, souvent de le faire.
Je sortie donc dehors et une légère brise de vent s'engouffra dans mes cheveux. Il ne faisait pas froid. Juste, frais. Je marchai jusqu'au parc, ainsi, sentant l'air sur ma peau et regardant le panorama alentours.
Le jardin n'était pas très loin de chez Kätchen et je ne mis pas longtemps à l'atteindre. Une fois là bas, je m'assis directement sur un banc, légèrement éclairé par un lampadaire. En face de moi, se trouvait une petite marre encerclée par plusieurs fleurs, et quelques arbres ornaient les alentours. Je me sentais bien. J'aimais ce côté relaxant. C'est dans ce genre de coin que je peux me perdre très longtemps à rêvasser ! Ce que je fis d'ailleurs ! Noyer dans mes pensées, je fixai le ciel, qui s'assombrissait peu à peu, lorsque je sentis une présence près de moi :
« - Mais que fait une jeune fille seule à cette heure ? »
Je me retournai vivement et vis avait parlé. C'était un jeune homme. Plutôt grand, je dirais, vers le mètre quatre-vingt. Je ne le distinguais que très peu à cause du manque de lumière. En effet, le lampadaire n'éclairé pas le champs dans lequel il se tenait. Il s'avança, alors, lentement vers le banc sur lequel j'étais assise, les mains dans les poches.
« - Me permet-tu de m'asseoir à tes côtés ? me demanda t'il, la voix suave.
- Je n'ai aucun droit de propriété sur ce banc, tu sais. Tu t'y asseyes donc, si tu veux.
- Naturellement. Mais je ne voudrais pas t'imposer ma compagnie si tu ne la désires pas.
- Tu peux rester, me contentai-je de répliquer.
- Mon nom est Tom. Alors, que fais tu seule à cette heure ? C'est dangereux ne crois tu pas ?
- Et moi Préscillia. Oh ! Rien, j'aime juste me retrouver seule la nuit, et pensé. Dangereux ? Possible. Mais je n'ai pas peur du danger.
- Ah. Je ne te dérange pas ? Le danger ne te fait vraiment pas peur ?
- Non, tu ne me déranges pas. Et non, je n'ai vraiment pas peur du danger. Au contraire, je crois même que je l'apprécie.
- Tu dis sûrement cela car tu n'y as jamais réellement étais confronté.
- Possible. »
Un silence s'installa alors. Je décidai de me retourner légèrement vers lui, de façon à pouvoir distinguer son visage.
Je plissai les yeux, afin d'en analyser les traits. Il me semblait, que jamais auparavant, je n'avais rencontrer quelqu'un d'aussi... Beau ? Je ne saurai dire si le mot convenait vraiment. Etait-il trop faible ? Sûrement, oui.
Il me fixai lui aussi, mais je ne détourna pas pour autant le regard, trop occupée à le détailler. La chose qui m'interpella en premier fût son teint. Si pâle. Si étrangement pâle. Même moi, que l'on qualifie souvent « d'aussi blanche qu'une morte » je n'arrivais à égaliser sa fadeur. Elle paraissait, aussi, tellement lisse et douce qu'on aurait dit qu'il avait été sculpté dans l'albâtre. Mais peu être était-ce seulement l'effet de la lumière... Oui, car existe-t-il beaucoup de personne qui ont le derme d'une poupée de cire ? Néanmoins, lui se révélait avoir l'air parfait. Absolument parfait. Et cette pâleur anormale faisait ressortir ses yeux clairs, d'un gris quasiment transparent, faisant contraste avec ses cernes si prononcées. Les poches sous les yeux ne sont à l'origine vue comme un atout physique, mais chez lui c'était différent...
Un piercing ornait ses lèvres, pulpeuses et bien dessinées, à son labret gauche. C'est ainsi que l'on pouvait très facilement se perdre à la contemplation de ces dernières, avec l'envie inconditionnelle de les embrasser.
Au lieu de cheveux, il portait des dreadlocks aux tons blondins, qu'il avait relevées en queue de cheval, sous un bandeau sombre. Tout comme ses vêtements d'ailleurs. Un pantalon en jean large ainsi qu'un t-shirt, sous un manteau, ou plutôt une veste, longue et noir également.
J'aurais pu le regarder encore très longtemps sans me lasser en trouvant à chaque fois quelque chose à dire ou rajouter sur son physique d'éphèbe, mais je vis un léger sourire, s'étirer sur ses lèvres :
« - Pourquoi me regarde tu ainsi ? »
Je détournai aussitôt le regard, évitant à tout prix de croiser le sien.
« - Tu peux continuer tu sais, rajouta t-il. »
Gênée, je préférai baisser la tête, de façon à fixer le sol. C'était inimaginable, la façon dont je me sentais idiote en un sens. Et je n'aurai su dire pourquoi.
« - Tu es belle. Très belle même. »
Je ne pu empêcher mes joues de s'empourprer, et je fus soudain heureuse d'être dans le noir. Les lampadaire avait beaux nous éclairés, on ne voyais sûrement pas mon visage rosit. Du moins, je l'espérai ardemment. Soit, je ne savais pas du tout quoi répondre à sa réplique et me contentai d'entremêlais mes doigts entre eux. Je n'aimais pas ce genre de compliments, et ne l'entendais d'ailleurs pas souvent. Encore heureux ! Mais lui, le disait d'une façon si simple, et naturelle, comme s'il en avait l'habitude et le sortait à quiconque à bout de champs. De sa bouche, cette phrase sonnait différemment que si elle avait était prononcée par n'importe qui d'autre. Et c'est sûrement pour cela, que j'avais appréciée qu'il me l'eût dîtes, malgré mon trouble.
« - Je te met mal à l'aise n'est-ce pas ? me demanda t-il comme s'il avait entendu mes pensées.
- A vrai dire, un peu oui.
- Parlons d'autres choses alors. Quel âge as-tu ?
- Seize ans. Et toi ?
- Disons que j'ai dix-sept ans. En quelques sortes... répondit-il d'une voix qui se voulait pleine de sous-entendus.
- En quelques sortes ? C'est-à-dire... ?
- J'ai dix-sept ans. Tu ne viens pas d'Hambourg, je me trompe ? J'irais même plus loin, en avançant que tu ne viens pas non plus d'Allemagne. Je ne t'ai jamais vu dans les parages et puis, ton accent et tout sauf allemand. Hum... Il a plus une sonorité... Française ?
- Tu as vu juste. Je viens de Chinon, une petite ville au centre de la France. Je ne suis ici que depuis hier uniquement, pour un stage. Et toi, tu vis à Hambourg ?
- Je change très souvent de ville, je suis là depuis assez peu. Quelques mois seulement. Et pour combien de temps ? Je ne sais pas encore. Le temps le dira.
- Tu connais beaucoup de monde ici ?
- Pas vraiment non. Mais, à présent, je te connais toi, dit-il dans un sourire révélateur.
- Oui c'est vrai, fis-je en lui rendant la pareille.
- Je me permets une requête, maintenant que nous avons parlés un peu. Tu ne devrais peu être pas rester avec moi.
- Pourquoi ? Je ne veux pas partir, j'aime ta compagnie.
- Cela n'est pas raisonnable, mais j'aime aussi ta compagnie. Néanmoins, je vais partir. »
Il se leva du banc, et dans un élan, sûrement trop précipité, je fis de même, machinalement. J'aurais pu et du rester assise mais cette réaction avait été instantanée. Je la regrettais amèrement, craignant qu'il me prenne pour une fille au comportement de « chienchien ».
Il commença à s'éloigner, tandis que moi, je le fixais, ne bronchant pas le moins du monde, jusqu'à ce qu'il s'arrête et se retourne lentement vers ma direction :
« - A demain ? souria t-il en une pointe de question.
- A demain, tranchais-je. »
Je souriais. Juste un petit sourire sans raison qui en disait, je suppose, sûrement long. Et c'est ainsi, mon sourire béat, comme scotché à mes lèvres, que je me dirigeai vers la sortie du parc, plongeant mes mains dans les poches de mon pantalon.
« - Je croyais que tu ne voulais pas partir ? »
Je me retournai, mais il ne me laissa rien répondre, car aussitôt sa phrase terminée, il disparu, engouffré pas la pénombre de la nuit.
Lentement, je rentrai donc chez Kätchen, en fixant le ciel et repensant à ma rencontre d'il n'y a seulement, quelques instants.
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